Le Poids de l’ombre_Eugénio de Andrade

Cette femme, la douce mélancolie

de ses épaules, chante.

La rumeur

de sa voix me pénètre en plein sommeil,

elle est très ancienne.

Et m’aporte l’odeur acidulée

de mon enfance s’ébrouant au soleil.

Le corps léger presque de verre

 

Essa mulher, a doce melancolia

dos seus ombros, canta.

O rumer

da sua voz entra – me pelo sono,

é muito antigo.

Traz o cheiro acidulado

da minha infância chapinhada ao sol.

O corpo leve quase de vidro

 

Éditions de la Différence