de Paradis perdu_Yi Sang

Ici, on ne peut plus savoir de quel pays il s’agit. Il n’existe qu’une gravure, qui communique avec la genèse. Ici, c’est la ruine. Il y a un nez comme une pyramide. Où va et vient sans cesse une chose éternelle. L’air ne perd pas sa couleur. C’est celui que respiraient mes ascendants, ou tout mon corps. Dans la pupille reste intact, depuis des millénaires, le ciel bleu comme un relevé sommaire de l’image de la genèse. Ici, il n’y a aucune mémoire en testament. La marche indécente de la civilisation ne traverse que les oreilles comme une stèle dont les lettres sont abîmées, et disparues. Quelqu’un a dit que c’est un <<masque mortuaire>> (visage mort). Et un autre a dit que ce <<masque mortuaire>> a été volé.

La mort est tombée comme une gelée blanche. Toutes les barbes et moustaches ne font que devenir raides lorsqu’elles cessent leur croissance, comme les herbes séchées. Puis la bouche crie à grand bruit selon la figure atmosphérique du ciel – comme un cours d’eau.

(Février 1939) [Paradis perdu]

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